Évaluation du potentiel des vaccins antituberculeux nouveaux et repurifiés

Évaluation du potentiel des vaccins antituberculeux nouveaux et repurifiés

Selon les scientifiques, la tuberculose (TB) est l’une des principales causes de mortalité dans le monde, en particulier chez les adultes. En 2019, environ 10 millions de cas de tuberculose ont été signalés, dont beaucoup ont été identifiés comme étant résistants à plusieurs médicaments.

Study: Potential implementation strategies, acceptability, and feasibility of new and repurposed TB vaccines. Image Credit: Kateryna Kon/Shutterstock

À ce jour, un seul vaccin contre la tuberculose est disponible, à savoir le Bacillus Calmette Guérin (BCG), qui est recommandé uniquement pour les nouveau-nés.

Bien que ce vaccin puisse prévenir efficacement la méningite tuberculeuse et la tuberculose disséminée chez les jeunes enfants, il ne peut protéger que partiellement contre la tuberculose pulmonaire. Il est donc nécessaire de développer des vaccins antituberculeux plus efficaces afin d’atteindre l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé de « mettre fin à la tuberculose ».

Contexte

Les chercheurs ont prédit que le développement de vaccins antituberculeux pour les adolescents et les adultes pourrait avoir un effet plus important et plus rapide sur l’éradication de la tuberculose. Il existe une lacune dans la recherche concernant l’évaluation de la durée de la protection fournie aux jeunes adultes vaccinés contre la tuberculose. Dans le cas des nourrissons vaccinés, on a constaté que l’efficacité du vaccin antituberculeux durait jusqu’à 15 ans et parfois même plus.

Actuellement, les décideurs politiques débattent de la réintroduction de la revaccination par le BCG chez les jeunes adultes afin de diminuer le taux de mortalité global associé à la tuberculose. Cependant, on ne dispose pas de suffisamment de données sur la stratégie potentielle d’un programme efficace de vaccination contre la tuberculose pour les adolescents et les adultes.

L’étude

Une nouvelle étude publiée dans PLOS Global Public Health s’est attachée à évaluer les stratégies de vaccination efficaces pour deux vaccins contre la tuberculose, à savoir le M72/AS01E et le BCG. Les auteurs ont également évalué les avantages éventuels ainsi que les défis associés aux nouveaux programmes de vaccination.

Dans cette étude, les chercheurs ont mené des entretiens, entre mai et décembre 2020, avec des décideurs politiques ainsi que des acteurs de la vaccination dans trois pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine. Ils ont choisi ces pays en raison de la forte prévalence de la tuberculose. Les entretiens ont été structurés en deux sections, à savoir : a) la détermination de l’acceptabilité et de la faisabilité de la vaccination des adolescents et des adultes avec des vaccins contre la tuberculose et b) l’évaluation des scénarios probables de mise en œuvre.

Les scientifiques ont évalué l’acceptabilité et la faisabilité de la vaccination des adolescents et des adultes avec le vaccin contre la tuberculose à partir d’entretiens avec des experts des pays susmentionnés. Les auteurs ont également déterminé les paramètres propres à chaque pays qui garantiraient le succès des programmes de vaccination contre la tuberculose.

Principales conclusions

Les trois pays se sont intéressés à la vaccination des adolescents et des adultes avec le vaccin contre la tuberculose, en particulier les enfants d’âge scolaire, car ils sont plus vulnérables à la maladie. Les scientifiques ont observé que chaque pays proposait des stratégies de mise en œuvre différentes, en raison de leurs contextes démographiques et épidémiologiques variés.

En Chine et en Inde, les personnes âgées ont été vaccinées en priorité. Cependant, tous les pays ont privilégié les programmes de vaccination systématique pour surmonter les difficultés logistiques. Les experts ont exprimé le besoin urgent de stratégies de contrôle de la tuberculose et de nouveaux vaccins pour protéger tous les individus contre la maladie. Les personnes interrogées ont indiqué que la mise en œuvre de la vaccination antituberculeuse contribuerait à réduire la charge massive de tuberculose observée dans tous les pays.

L’efficacité prévue du vaccin M72/AS01E chez les patients infectés par Mycobacterium tuberculosis (Mtb) et le VIH a mis en évidence les avantages de la revaccination antituberculeuse. Deux des défis associés à la mise en œuvre du M72/AS01E sont le développement de nouvelles infrastructures et le régime de vaccination à deux doses.

De plus, pour la vaccination de masse du M72/AS01E, les personnes interrogées ont prédit une couverture plus faible pour la deuxième dose du vaccin. Les experts ont également déclaré que des tests pré-vaccination seraient essentiels pour identifier les Mtb positifs ou négatifs, ce qui pourrait être coûteux et infaisable.

Les personnes interrogées ont suggéré que la réalisation d’essais cliniques dans des contextes locaux pour obtenir des données épidémiologiques sur la tuberculose et la diffusion des connaissances sur les avantages des vaccins antituberculeux pourraient contribuer à réduire l’hésitation à se faire vacciner. Ces mesures contribueraient à soutenir la mise en œuvre de la vaccination. En Inde et en Afrique du Sud, un programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) est pratiqué dans les écoles. Dans le contexte actuel, comme le groupe cible de la vaccination contre la tuberculose est également constitué d’enfants d’âge scolaire, la mise en œuvre de cette stratégie de vaccination pourrait être bénéfique.

En Inde et en Afrique du Sud, les groupes socialement vulnérables ont été prioritaires pour le programme M72/AS01E, en raison d’un taux élevé d’incidence de la tuberculose dans ces groupes. Les experts ont souligné la nécessité de mettre en place des systèmes de surveillance appropriés et de dispenser une éducation adéquate sur la tuberculose et la vaccination dans les communautés.

L’étude actuelle indique que le caractère abordable du vaccin joue un rôle important dans son adoption et sa distribution. Toutes les personnes interrogées ont insisté sur l’importance d’une information adéquate sur l’efficacité, les données de sécurité et le rapport coût-efficacité du vaccin.

Limites

L’une des limites de cette étude est l’exclusion de la population des patients pour analyser l’acceptabilité et l’hésitation du vaccin. Dans cette étude, les scientifiques n’ont pris en compte que les points de vue des décideurs et des autres parties prenantes directes, telles que les responsables de la mise en œuvre des programmes de vaccination.

Une autre limite de cette étude est que, comme le BCG a été abordé en second lieu après le M72/AS01E au cours de l’entretien, peu de temps a été consacré à sa discussion. En outre, une sous-représentation des personnes interrogées issues de la société civile, des finances, du niveau local, etc. a été observée.

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